Editions Carrés d'Art











Ptolémée II Philadelphe et son épouse Arsinoé
Ptolémée II Philadelphe

Ptolémée III Evergète
Ptolémée III Evergète

Une brève histoire de la Bibliophilie,
      ou      l'Art et la nécessité.

     Le Poète a écrit: "le buste survit à la Cité", mais justement, il a "écrit". Depuis le IIIè millénaire av. J.-C. , toutes les civilisations ont laissé trace de leur existence, que ce soit sur la pierre ou l'argile puis sur le bois, le papyrus, le parchemin et enfin le papier.
     Au IVè siecle av J.C., pour conserver ce témoignage, Ptolémée 1er successeur d'Alexandre Le Grand, fonda la Grande Bibliothèque d'Alexandrie.
Ses fils Ptolémée II Philadelphe et surtout Ptolémée III Evergète en firent le joyau rayonnant de la culture grecque au siècle suivant.


     Les plus grands esprits du temps furent nommés pour classer cette véritable mémoire de l'humanité. Le plus fameux d'entre eux, Callimaque, inventa une méthode de classement systématique connue sous le nom de Pinakès (tableaux), encore utilisée aujourd'hui.
     Parmi ces oeuvres figurait l'édition originale des trois tragiques grecs Eschyle, Sophocle et Euripide, si précieuse que Ptolémée III préféra payer un lourd tribut à Athènes plutôt que de s'en séparer. Parce qu'un grand Roi avait distingué ce livre et non un autre, parce qu'au delà de son contenu il lui avait reconnu une valeur intrinsèque, la Bibliophilie était née.
     Durant toute l'Antiquité et le Moyen-Age, le livre était manuscrit, et de ce fait réservé à une élite de Nobles, de hauts Dignitaires de l'Eglise et aux Monastères. Pendant toute cette période, l'histoire de la Bibliophilie se confond alors avec celle du Livre tout court.
     L' invention au XVè siécle de l'imprimerie à caractères mobiles par Gutenberg rend soudain le livre reproductible à loisir. La transmission des connaissances explose alors durant la Renaissance. La Bibliophilie demeure cependant le témoignage manuscrit des grands textes juqu'au milieu du XVIè siècle. Elle évolue toutefois peu à peu vers la recherche d'éditions originales, parfois illustrées de frontispices par de grands peintres et réalisées avec le plus grand soin. Ainsi, l'édition du théâtre de Racine avec bandeaux de Poussin.
     A la fin du XIXè siècle marquée par la révolution industrielle, la qualité du livre se détériore en raison des nouvelles techniques de composition mécanique et de l'apparition de nouveaux papiers à base de pâte de bois. Ce recul ne convient évidemment pas aux amateurs de beaux livres. En Angleterre d'abord, en France ensuite, ils créent donc de petites sociétés pour éditer leurs propres ouvrages. La Bibliophilie retrouve ainsi les différents papiers pur chiffon, la mise en page à la main et les caractères au plomb. Chaque édition est numérotée et le tirage ne dépasse guère les 300 exemplaires.
     Au début du XXè siècle, le marchand de tableaux Ambroise Vollard demande au peintre Bonnard d'illustrer de lithographies originales le "Parallèlement" de Verlaine, créant ainsi le "livre de peintre", toujours tiré à un petit nombre d'exemplaires numérotés. Les plus grands tels Picasso, Dufy, Chagall, Vlaminck ... contribuèrent ainsi à ce dialogue entre la Poésie et la Peinture. La Bibliophilie moderne venait de naître.
     Le besoin impérieux du Beau Livre, recherché, édité et célébré pour sa valeur artistique et émotionnelle intrinsèque, ne devait plus s'éteindre. A l'aube du troisième millénaire, la Bibliophilie demeure, perpétuée par des sociétés telles que les Editions Carrés d'Art, et le Livre envisage sereinement l'avenir, non pas simple réservoir de connaissances ou réceptacle d'un Art de Vivre, mais Art de Vivre en lui-même.








Ptolémée I Sôter
Ptolémée 1er Sôter




















Gutenberg
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