Editions Carrés d'Art

L'histoire

feuilles au vent, par Hélène Nué     Le papier, du latin papyrus, est apparu en Chine au IIè siècle après J.-C. En 105 le directeur des ateliers impériaux, Ts'ai Louen présenta à l'Empereur une pâte composée d'écorce de murier, de chanvre, de vieux tissus de toile ou de filets de pêcheurs qui, une fois séchée permettait l'écriture.
      Au VIIIè siècle, les Arabes victorieux des Chinois à Samarcande l'importèrent en Occident. De Valence, premier moulin à papier d'Europe, à celui de Richard de Bas à Ambert (Auvergne) créé en 1326, actuel musée du papier, trois siècles ont été nécessaires.
      L'invention de l'imprimerie au XVè siècle consacra définitivement ce nouveau support de l'écrit.

La fabrication

      La pâte à papier est obtenue en broyant dans l'eau des textiles (chanvre, coton, lin etc..) préalablement nettoyés, à l'aide de marteaux de bois actionnés par des cames, elles-même entrainées par une roue baignant dans le courant d'une rivière.
La pâte à papier     La pâte ainsi obtenue est étalée sur des chassis appelés formes. Lorsque ces dernières sont tendues d'un maillage de fils métalliques (les vergeures verticales, et les pontuseaux horizontaux) on obtient le papier vergé. Avant l'imprimerie, les scripteurs se servaient de supports en peaux de chèvre, mouton ou veau, d'où le nom de vélin. Au XVIIIè siècle, certains papetiers ont voulu retrouver cette texture lisse et unie. A cet effet, le fond de la forme est grillagé de fils métalliques très fins ne laissant aucune trame et faisant ainsi disparaître vergeures et pontuseaux, ce qui donne le papier vélin.
Les filigranes      En outre, les grands papetiers signent leurs produits d'un filigrane. Ce dernier est un sceau ou une marque en fils métalliques placé dans la forme et laissant une empreinte dans l'épaisseur du papier.
      Chaque feuille est ensuite démoulée et mise entre deux langes de feutre. Quatre vingt dix neuf feuilles et cent feutres formant une porse sont mises sous presse pour en éliminer l'eau .

Le séchage du papier
     Enfin, les feuilles sont mises à sécher à l'air sur de grands étendoirs.

L'utilisation en Bibliophilie

      Les différents formats de papiers sont déterminés par les dimensions des nombreuses formes existantes :

Utilisation du papier en Bibliophilie
  • le colombier: 69x80cm
  • le raisin: 50x65 cm
  • le jésus: 56x76 cm
  • le coquille: 44x56 cm
  • le couronne: 37x48 cm

     Le format des livres découle de celui des papiers et de la façon de les plier: l'in-folio désigne une feuille pliée en 2 donnant un cahier de 2 feuilles et 4 pages, l'in-quarto, un cahier de 4 feuilles et 8 pages (pliage en 4), l'in-octavo, un cahier de 8 feuilles et 16 pages (pliage en 8).
      Les dimensions d'un livre s'expriment donc en mentionnant le format du papier et son pliage, par exemple in-quarto raisin ou in-octavo jésus.
     Les papiers pur chiffon utilisés en Bibliophilie tirent leur nom soit de leurs inventeurs, ainsi Van-Gelder, Panckoucke pour le papier de Hollande, Le papier pur chiffonsoit de l'endroit où ils sont fabriqués, ainsi les vélins de Rives en Isère, ou les vélins d'Arches dans les Vosges. Citons également l'Auvergne, issu des moulins à papier traditionnels, le Japon nacré, le Japon impérial, fabriqués à partir du mûrier, le Chine obtenu à partir du bambou. D'un coût très élevé, ces trois derniers papiers sont réservés aux tirages de tête des éditions de Bibliophilie.
      Outre ses qualités esthétiques, le papier pur chiffon possède des caractéristiques de solidité et d'homogénéité le rendant apte à être utilisé en Bibliophilie. Ainsi il accepte d'être humidifié pour mieux aller chercher l'encre dans les tailles d'une plaque gravée, sous des pressions d'environ une tonne. D'autre part il est apte à recevoir le foulage de la typographie, et enfin sa stabilité dans le temps est très nettement supérieure à celle des papiers industriels à pâte de bois.


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